Dernière mise à jour : 11 octobre 2026 (conditions de 18 plateformes et prestataires d’auto-édition revérifiées, calculs refaits sur un même livre, règles relues sur les textes officiels).
Votre manuscrit dort dans un dossier, et vous vous demandez si l’auto-édition est faite pour vous ? Bonne nouvelle : publier son livre soi-même n’a jamais été aussi simple, et ça peut même ne rien coûter. En revanche, si publier est devenu facile, vendre l’est beaucoup moins.
Pour vous la faire courte : l’auto-édition (ou autoédition), c’est publier votre livre sans maison d’édition. Vous devenez donc l’éditeur : vous gardez vos droits, vous choisissez la couverture et le prix, et vous payez (ou faites) tout le travail. Sur Amazon KDP, par exemple, la mise en ligne est gratuite et un roman vendu 15 € vous rapporte 4,78 €, contre environ 1,14 € dans une maison d’édition classique. En revanche, les ventes restent modestes : selon une étude du ministère de la Culture, un auteur resté autoédité vend en moyenne 10 exemplaires imprimés par livre.
Je sais de quoi je parle : en 2023, je vous racontais ici mes deux premiers livres, vendus à environ 98 puis près de 300 exemplaires. Mais depuis, Amazon a changé ses taux, une plateforme française a disparu, l’IA a bousculé les règles… et ma première version contenait des erreurs. Alors j’ai tout repris, chiffres en main.
Au programme : ce que vous touchez vraiment, ce que ça coûte, combien de ventes il faut pour rentrer dans vos frais, les démarches obligatoires et les pièges. Vous cherchez plutôt à revendre des livres déjà lus ? C’est par ici : vendre ses livres.
Auto-édition : l’essentiel en 30 secondes.
- C’est quoi ? Publier votre livre vous-même, sans maison d’édition. Vous êtes l’éditeur : vos droits restent à vous, et c’est vous qui décidez du titre, de la couverture et du prix,
- Ça coûte combien ? De 0 € (tout seul sur Amazon KDP) à environ 3 000 € (le pack le plus complet d’un prestataire). Un livre propre, corrigé par un professionnel et avec une vraie couverture, revient plutôt autour de 1 000 €,
- Ça rapporte combien ? Sur un roman vendu 15 €, de 1 à 5 € par exemplaire selon la plateforme (4,78 € sur Amazon), et environ 11 € quand vous le vendez vous-même en salon. Dans une maison d’édition, ce serait plutôt 1,14 €,
- Combien de ventes ? Peu, en général. Pour rembourser 1 000 € de frais, il faut 210 brochés vendus sur Amazon, alors qu’un auteur resté autoédité en vend 10 en moyenne en librairie et sur Internet,
- Quelle plateforme ? Amazon KDP pour toucher le plus de lecteurs, BoD ou Bookelis pour être commandable en librairie, TheBookEdition pour un petit tirage, et Kobo, Google ou Apple pour l’ebook hors Amazon,
- Les obligations : fixer un prix unique, faire le dépôt légal à la BnF (gratuit) et déclarer vos revenus à l’Urssaf et aux impôts dès le premier euro. L’ISBN, lui, n’est pas obligatoire,
- Le piège n° 1 : les maisons qui vous demandent de l’argent tout en prenant vos droits. Ce n’est pas de l’auto-édition, même quand leurs annonces s’affichent sur Google pour « auto édition »,
- Mon conseil : mettez votre budget dans la correction et la couverture, gardez vos fichiers sources, et ne comptez pas sur Amazon pour vous trouver des lecteurs.
Combien rapporte un livre en auto-édition ? Le calcul sur un même livre.
Toutes les plateformes promettent « jusqu’à 70 % » ou « 100 % de vos marges ». Le problème, toutefois, c’est que ces pourcentages ne portent jamais sur la même chose. J’ai donc pris un livre type : un roman de 250 pages, broché, en noir et blanc, vendu 15 € (le prix d’un grand format modeste). Puis j’ai appliqué à ce même livre les grilles officielles et les simulateurs publics de chaque plateforme, le 11 octobre 2026.
Un roman de 250 pages vendu 15 € : le tableau.
| Circuit de vente | Coût de départ | Ce que vous touchez par exemplaire | À savoir |
|---|---|---|---|
| Maison d’édition (pour comparer) | 0 € | ≈ 1,14 € (8 % du prix hors taxes) | Taux médian du baromètre Scam-SGDL 2025, après remboursement de l’avance |
| Amazon KDP | 0 € | 4,78 € sur Amazon.fr | 60 % du prix hors taxes, moins 3,75 € d’impression. Vendu sur Amazon seulement |
| BoD | 39 € | 2,91 € hors taxes (3,07 € TTC) en librairie et sur Amazon, 4,37 € HT sur la librairie BoD | Commandable dans toutes les librairies françaises |
| TheBookEdition | 0 € (+ 7,99 € par mois pour la diffusion) | 2,32 € en librairie et sur Amazon, 6,82 € sur sa boutique | ISBN et dépôt légal à faire vous-même |
| Bookelis | 0 € (+ 108 € la 1re année pour la diffusion Hachette) | 2,13 € en librairie et sur Amazon, 4,95 € sur sa boutique | Retours des libraires possibles, à vos frais |
| Librinova | 329 € ou 399 € (packs librairies) | 1 € à 2,50 €, une somme fixe | 15 € impossible : prix papier imposé, au moins 16,90 € dès 200 pages |
| Lulu | 0 € | 5,93 € sur sa boutique | 15 € impossible en distribution : prix minimum de 15,18 €, et gain nul à ce prix |
| Vente en main propre (salon, dédicace) | Vos exemplaires d’auteur (sur KDP : 3,75 € + TVA + port) | ≈ 11 € avant les frais de port | Le canal qui paie le mieux… et celui où l’on vend le moins |

Ce que ce calcul nous apprend.
D’abord, par exemplaire, l’auto-édition rapporte presque toujours plus qu’un contrat d’édition. Sur Amazon, c’est même 4 fois plus. Mais regardez bien la colonne « coût de départ » : dès que vous voulez être présent en librairie, quelqu’un se paie au passage. Le libraire d’abord (30 % du prix, voire plus), le distributeur ensuite, et parfois la plateforme elle-même.
Ensuite, et c’est plus surprenant, deux plateformes ne permettent même pas de vendre ce livre 15 €. Chez Librinova, vous choisissez parmi quatre prix imposés (de 16,90 € à 19,90 € pour 200 pages, d’après sa FAQ). Et chez Lulu, de même, le prix minimum en distribution dépasse déjà 15 € pour 250 pages.
Et pour un ebook ?
Côté numérique, l’écart entre plateformes se resserre, car il n’y a rien à imprimer. Voici ce que rapporte le même roman en ebook à 4,99 € :
| Où l’ebook est vendu | Ce que vous touchez | Comment c’est calculé |
|---|---|---|
| Amazon KDP (option 70 %) | 3,14 € | 70 % du prix hors taxes, moins 0,12 € par Mo de fichier (ici 2 Mo) |
| Kobo (et Fnac via Kobo) | 3,31 € | 70 % du prix hors taxes dès 1,99 €, sans frais de fichier |
| Google Play Livres | 3,31 € | 70 % du prix hors taxes, sans fourchette de prix |
| Apple Books | ≈ 3,31 € | 70 % « quel que soit le prix » selon Apple (base de calcul non publiée) |
| Librinova | 3,31 € sur sa librairie, 2,36 € chez Amazon, Fnac ou Kobo | 70 % du HT sur sa librairie, 40 à 50 % chez les revendeurs |
| BoD | 3,41 € sur sa librairie, 1,99 € ailleurs | Calculette officielle |
| Maison d’édition (pour comparer) | ≈ 0,33 € | 7 % du prix hors taxes (taux médian en numérique) |
Ebook sur Amazon : le prix change tout.
Attention au prix que vous choisissez sur Amazon. Le taux de 70 % ne s’applique qu’entre 2,69 € et 12,99 € TTC. Et cette borne haute est d’ailleurs toute récente : jusqu’au 7 juillet 2026, elle était de 9,99 €. Un ebook à 12,99 € rapporte donc aujourd’hui 8,45 €, contre 4,31 € avant l’été.

À l’inverse, sous 2,69 €, Amazon vous paie seulement 35 %. Un ebook à 2,49 € vous rapporte alors 0,83 € chez Amazon, contre 1,65 € chez Kobo, Google ou Apple. Autrement dit, 20 centimes de plus sur le prix public (2,69 € au lieu de 2,49 €) vous font presque doubler votre gain.
Les 3 pièges de calcul que personne ne vous explique.
- « Jusqu’à 70 % », c’est hors taxes et sous conditions. Chez Amazon, les 70 % portent sur le prix sans TVA, moins des frais de livraison du fichier, dans une fourchette de prix, et seulement pour les lecteurs de 41 pays. Un lecteur au Sénégal ou au Maroc, par exemple, vous rapporte 35 %,
- Le seuil de 9,99 € sur le broché Amazon. Depuis le 10 juin 2025, un livre papier vendu moins de 9,99 € hors taxes ne rapporte plus 60 %, mais 50 %. Sur notre roman, passer de 10,53 € à 10,54 € TTC fait grimper votre gain de 1,24 € à 2,24 € : 1 centime de plus pour le lecteur, 1 € de plus pour vous,
- « 100 % de vos marges », ce n’est pas 100 % du prix. Chez TheBookEdition, par exemple, vous touchez bien toute la marge que vous ajoutez au prix de fabrication. Mais en librairie, 30 % du prix partent au libraire, et ils sont pris sur votre marge.
Enfin, gardez en tête un dernier détail : l’argent n’arrive pas tout de suite. Par exemple, Amazon vous paie environ 60 jours après la fin du mois de la vente, BoD tous les trimestres et Librinova tous les six mois. Donc si vous voulez mettre quelques euros de côté sans attendre vos premières ventes :

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Combien vend un livre en auto-édition ? Les chiffres officiels.
C’est la question que tout le monde évite. En effet, Amazon, de loin le premier canal de l’auto-édition, ne publie aucun chiffre de ventes pour la France. Heureusement, deux sources publiques permettent quand même d’y voir clair : le dépôt légal de la Bibliothèque nationale de France, et une étude du ministère de la Culture publiée en 2024.
Un livre déposé sur quatre est autoédité… ou presque.
Selon la BnF, la part de l’autoédition dans les livres déposés est passée de 12 % en 2010 à plus d’un quart aujourd’hui. Radio France avance ainsi le chiffre de 21 300 livres autoédités déposés en 2024, sur 85 200. Impressionnant ? Oui, sauf qu’il y a un piège dans ce chiffre.
Le « circuit de l’autoédition » de la BnF mélange en effet trois choses : les auteurs vraiment autoédités, les prestataires (impression à la demande) et… les éditeurs à compte d’auteur, ceux qui font payer l’auteur. D’après les fichiers de l’Observatoire du dépôt légal 2024, les auteurs qui s’autoéditent vraiment ne pèsent qu’environ 9 % des dépôts, contre près de 12 % pour le compte d’auteur (calcul La Boîte à Sous). Et en 2022, le premier déposant de livres en France n’était ni Hachette ni Gallimard, mais une maison classée « à compte d’auteur » par la BnF (synthèse 2022).
10 exemplaires en moyenne : ce que dit l’étude du ministère.
Vous avez peut-être lu que les auteurs autoédités vendent « 22 exemplaires en moyenne ». Ce chiffre vient en effet d’une étude du ministère de la Culture (L’autoédition de livres francophones imprimés : un continent ignoré, mars 2024), reprise par Radio France et Le Monde. En réalité, j’ai relu le tableau d’origine : ces 22 exemplaires concernent les auteurs qui ont ensuite signé chez un éditeur. Pour ceux qui sont restés en autoédition, en revanche, la moyenne tombe à 10 exemplaires imprimés par livre.
Les autres chiffres de l’étude ne sont pas plus réjouissants :
- l’autoédition représente 30 % des titres proposés à la vente, mais 0,3 % des exemplaires vendus,
- 58 % des auteurs restés autoédités n’ont aucune vente enregistrée,
- 95 % vendent en moyenne moins de 100 exemplaires par livre,
- à peine 0,02 % dépassent les 10 000 exemplaires.
Attention toutefois à ce que ces chiffres mesurent. L’étude porte en effet sur les livres imprimés de littérature, vendus en magasin et sur Internet entre 2007 et 2016. Elle ne compte donc ni les ebooks, ni les ventes de la main à la main, et elle inclut le compte d’auteur. Beaucoup d’auteurs Amazon n’ont d’ailleurs jamais déposé leur livre. C’est donc un plancher, pas une fatalité. Mais il donne l’échelle.
Et sur Amazon ? Des réussites, et beaucoup d’anonymes.
Amazon donne seulement des ordres de grandeur, et au niveau mondial. Dans un communiqué de mai 2025, il annonce que « des milliers » d’auteurs gagnent plus de 50 000 dollars par an sur KDP, et « plus d’un millier » plus de 100 000 dollars, sur « des centaines de milliers » d’auteurs. Faites le calcul : même dans le meilleur des cas, cela fait donc quelques pour cent des auteurs.
Il y a bien sûr de belles histoires. Agnès Martin-Lugand, par exemple, a vendu plus de 8 500 exemplaires numériques de son premier roman en trois mois, avant d’être reprise par Michel Lafon (franceinfo, 2013). Aurélie Valognes, elle aussi, a autoédité « Mémé dans les orties » sur Amazon en 2014, avant de dépasser le million d’exemplaires en poche (AFP, 2020). Enfin, Amélie Antoine a touché 40 000 € de droits en sept mois avec son premier roman autoédité (Le Temps, 2015).
Mais ces autrices sont l’exception qu’on cite justement parce qu’elle est rare. D’ailleurs, l’étude du ministère montre que seuls 12 % des auteurs passent un jour de l’autoédition à l’édition classique, ou l’inverse.
Mes chiffres, et ceux d’autres auteurs.
Revenons à mes deux livres. Le premier, je l’ai écrit sur un coup de tête, sans vérifier que le sujet était déjà très encombré : environ 98 exemplaires en deux ans, malgré une page de présentation, quelques liens sur mon blog et des publications sur les réseaux sociaux. Pour le second, en revanche, je me suis mieux renseignée et j’ai préparé la sortie : près de 300 exemplaires en un an et demi, uniquement sur Amazon. Voici le tableau de bord KDP de l’époque :

À titre d’ordre de grandeur (une estimation, pas un relevé) : 339 exemplaires à 2 à 5 € de redevance, cela représente entre environ 700 et 1 700 € en trois ans et demi. C’est mieux que la moyenne de l’étude, mais ça reste un complément, pas un salaire.
Et je ne suis pas un cas isolé. Sur Reddit, une autrice raconte avoir vendu environ 5 livres en un an malgré TikTok, Instagram et des publicités payantes. Un autre auteur annonce aussi 44 exemplaires en six semaines pour un premier livre de 88 pages, et reconnaît que le plus dur commence une fois le cercle des proches passé. Enfin, un troisième, qui a pourtant créé trois entreprises, a vendu 215 livres en un mois… mais juge sa publicité Amazon déficitaire une fois sa marge calculée. Ce sont des témoignages invérifiables, mais ils racontent tous la même chose : sans lecteurs déjà acquis, le livre ne se vend pas tout seul.
Combien coûte l’auto-édition d’un livre ? Le budget poste par poste.
Publier ne coûte rien sur Amazon, TheBookEdition ou Bookelis. Ce qui coûte, c’est de faire un livre propre. Voici les principaux postes, avec les tarifs publics relevés le 11 octobre 2026 pour un roman d’environ 300 000 signes (soit 250 pages) :
| Poste | Si vous le faites vous-même | Si vous le faites faire (tarifs publics) |
|---|---|---|
| Correction | 0 € (bêta-lecteurs, plusieurs relectures) | ≈ 600 à 700 € : Bookelis 1,99 € les 1 000 caractères, BoD 3,50 € la page de 1 500 signes |
| Mise en page | 0 € (Word, Kindle Create) | BoD 379 €, Bookelis 1,55 € les 1 000 caractères |
| Couverture | 0 € (outil de création graphique) | BoD 149 € (modèle) à 399 € (sur mesure), Bookelis 169 € |
| ISBN | 0 € (fourni par KDP, BoD, Bookelis ou Librinova) | AFNIL : 44,40 € TTC la première demande |
| Dépôt légal | 0 € (envoi gratuit à la BnF) + 1 exemplaire | Librinova : 59 € si vous déléguez |
| Exemplaires d’auteur | Prix d’impression + port (3,75 € + TVA sur KDP pour 250 pages) | – |
| Être commandable en librairie | – | BoD 39 € (une fois), TheBookEdition 7,99 € par mois, Bookelis 108 € puis 69 € par an, Librinova 329 à 399 € puis 119 € par an |
| Pack « tout compris » | – | Librinova de 75 € à 2 989 €, Publishroom de 480 € à 990 € et plus |
Auto-édition : combien de ventes pour rembourser vos frais ?
Concrètement, il y a donc trois budgets types. Tout faire soi-même : 0 €. Faire corriger et habiller son livre par des pros : environ 1 000 €. Confier tout à un prestataire : jusqu’à 3 000 €. Et c’est là que le calcul devient intéressant.

Ainsi, avec 1 000 € de frais, il vous faut 210 brochés ou 319 ebooks vendus sur Amazon pour rentrer dans vos frais. Avec un pack à 3 000 €, c’est plus de 600 brochés. Or, rappelez-vous, la moyenne de l’étude tourne autour de 10 exemplaires. Les packs les plus chers sont donc presque impossibles à rembourser pour un premier livre.
Mon conseil : si vous ne devez payer qu’une seule chose, payez la correction. Une couverture correcte se fait avec un modèle à moins de 200 €, mais un livre bourré de fautes récolte des avis négatifs qui tuent les ventes. Pour trouver un correcteur ou un graphiste indépendant, les plateformes freelance sont d’ailleurs une bonne piste : comparez les devis et demandez un test sur quelques pages.
Auto-édition, compte d’auteur, maison d’édition : ne confondez pas.
C’est sans doute le point le plus important de cet article, et presque personne ne l’explique clairement. Le Code de la propriété intellectuelle ne connaît que trois formules : le contrat d’édition (l’éditeur paie tout et vous verse des droits), le compte d’auteur (vous payez l’éditeur, et la loi précise que ce n’est pas un contrat d’édition) et le compte à demi (vous partagez les frais, les bénéfices et les pertes). L’auto-édition, en revanche, n’a même pas de définition légale : vous êtes simplement votre propre éditeur.

Les annonces « auto édition » qui n’en sont pas.
Tapez « auto édition » sur Google : avant les vraies réponses, vous tombez sur des annonces. Le 11 octobre 2026, par exemple, on y trouvait un imprimeur, une plateforme d’autoédition… et des maisons d’édition qui proposent de publier votre livre.

Prenons ces maisons au mot, avec leurs propres pages. Les Éditions Baudelaire et les Éditions Vérone (qui ont le même président selon le registre officiel des entreprises) se présentent comme « participatives » : si votre texte est retenu, vous payez une partie des frais, et vous signez un contrat d’édition. Leur FAQ annonce des droits d’environ 20 %, mais aucune n’affiche le montant demandé. Les Éditions du Panthéon parlent, elles, plutôt de « compte participatif ». Edilivre est la seule à publier ses tarifs : 420 € ou 899 €, ou bien l’achat de 40 exemplaires, selon sa page d’offres (une formule à compte d’éditeur existe pour ses « coups de cœur »).
Payer pour être publié n’est pas interdit. Mais ce n’est pas de l’auto-édition : vous payez ET vous cédez vos droits. Pour la Société des gens de lettres (SGDL), ces contrats hybrides sont une « zone grise » : même s’il s’intitule compte d’éditeur, un contrat n’en est pas un dès qu’on vous demande une participation financière. En 2025, Que Choisir racontait l’histoire d’une autrice qui avait payé plus de 500 € pour 40 exemplaires… et vendu 4 livres en un an et demi.
5 questions à vous poser avant de signer.
Avant de signer quoi que ce soit, posez-vous ces 5 questions, inspirées du guide de la SGDL et des clauses que sa juriste cite comme problématiques (Slate, août 2026) :
- me demande-t-on de l’argent, d’acheter des exemplaires ou de réaliser des « préventes » ?
- le montant total à payer est-il écrit noir sur blanc avant la signature ?
- est-ce que je cède mes droits tout en payant ?
- qui fixe le prix, et pourrai-je récupérer ma maquette et ma couverture si je pars ?
- faut-il atteindre un seuil de ventes avant de toucher le moindre droit ?
Si vous répondez oui aux questions 1 et 3, faites relire le contrat avant de signer. Ou alors passez votre chemin : avec l’argent demandé, vous pourriez payer un correcteur et publier vous-même, en gardant vos droits.
Et si vous rêvez d’une vraie maison d’édition ?
Alors gardez en tête qu’un éditeur à compte d’éditeur ne vous demande jamais d’argent. Il vous verse en général 8 à 10 % du prix hors taxes en littérature générale, d’après la SGDL, souvent avec une avance (l’à-valoir), inférieure à 3 000 € dans 68 % des cas selon le baromètre Scam-SGDL 2025.
L’auto-édition peut servir de tremplin, mais ce n’est pas automatique. Selon l’étude du ministère, les auteurs passés par une plateforme qui ont ensuite signé chez un éditeur y vendaient moins de 10 exemplaires imprimés par livre. Les éditeurs regardent donc aussi les avis des lecteurs, la qualité du texte et sa place dans leur catalogue. Rien ne vous empêche d’ailleurs d’envoyer votre manuscrit aux éditeurs avant de vous autoéditer : c’est gratuit.
Quelle plateforme d’auto-édition choisir en 2026 ?
Il n’y a pas de « meilleur site d’auto-édition », malgré ce que chaque plateforme écrit sur sa propre page. Il y a plutôt trois modèles très différents : les plateformes gratuites qui gagnent leur vie sur l’impression ou la vente, le forfait payé une fois, et les packs de services. Voici le comparatif, vérifié sur les pages officielles le 11 octobre 2026 :
| Plateforme (formats) | Coût de départ | Librairies et exclusivité | Pour qui ? |
|---|---|---|---|
| Amazon KDP (ebook, broché, relié) | 0 € | Amazon seulement. Ebook exclusif 90 jours si vous rejoignez l’Abonnement Kindle | Romans de genre, guides, auteurs qui visent le volume |
| Kobo, Google Play Livres, Apple Books (ebook) | 0 € | Fnac possible via Kobo, sans garantie. Pas d’exclusivité | Ebook hors Amazon |
| BoD (broché, ebook) | 39 € | Commandable partout (Sodis). Contrat exclusif d’un an, renouvelable | Le moins cher pour être en librairie |
| TheBookEdition (broché, ebook sur son site) | 0 € (+ 7,99 € par mois pour la diffusion) | Commandable (Dilicom, Electre). Pas d’exclusivité | Petits tirages, vente directe |
| Bookelis (broché, ebook) | 0 € (+ 108 € la 1re année pour Hachette) | Commandable (Hachette). Pas d’exclusivité | Un vrai distributeur, sans pack |
| Librinova (ebook, broché) | 75 € à 2 989 € | Commandable avec les packs dès 329 €. Mandat d’agent exclusif au-delà de 2 000 ventes (refusable) | Être accompagné, viser un éditeur |
| Lulu, IngramSpark (broché, ebook) | 0 € | Via Ingram (et Hachette chez Lulu). Pas d’exclusivité | Diffusion internationale |
| Iggybook | – | – | N’existe plus (société en liquidation depuis 2025) |
« Disponible dans 5 000 librairies » : ce que ça veut vraiment dire.
Un mot sur ce fameux « disponible dans 5 000 librairies » que vous lirez partout. En pratique, votre livre est d’abord inscrit dans les bases que consultent les libraires (Dilicom et Electre), puis un distributeur peut le livrer. Mais personne ne le met en rayon : Bookelis l’écrit d’ailleurs noir sur blanc, les libraires doivent passer commande. Si un lecteur demande votre livre, il pourra l’avoir. Mais pour qu’il le découvre en vitrine, c’est à vous d’aller voir les libraires.

Amazon KDP : le passage presque obligé de l’auto-édition.

Kindle Direct Publishing (KDP), c’est la plateforme d’auto-édition d’Amazon. D’abord, l’inscription et la publication sont gratuites, pour l’ebook comme pour le papier (broché ou relié), imprimé à la demande à chaque commande. Ensuite, c’est là que lisent les fans de romance, de fantasy ou de polar : Amazon affirmait en 2019 que les livres autoédités pesaient « jusqu’à 40 % » du top 100 hebdomadaire des ebooks sur Amazon.fr (communiqué Amazon).
Publier sur KDP : paiement, ISBN, exclusivité, ce qu’il faut savoir.
Avant de vous lancer, voici les règles à connaître :
- Le paiement arrive environ 60 jours après la fin du mois de la vente, par virement, sans montant minimum pour un compte en France, en Belgique ou en Suisse. PayPal n’est pas proposé,
- La fiscalité américaine : par défaut, Amazon retient 30 % sur certaines ventes (Amazon.com notamment, et l’Abonnement Kindle). Avec votre numéro fiscal français indiqué dans le questionnaire fiscal, obligatoire pour publier, la retenue tombe à 0 % grâce à la convention entre la France et les États-Unis (aide KDP),
- L’ISBN gratuit ne sert que sur Amazon, et votre livre affiche alors « Publication indépendante » comme éditeur (aide KDP),
- L’Abonnement Kindle (Kindle Unlimited) vous paie à la page lue. Mais il exige l’exclusivité de l’ebook pendant 90 jours : pas de vente sur Kobo, ni sur votre propre site (conditions KDP Select). Pour août 2026, Amazon a réparti 66 millions de dollars entre tous les auteurs inscrits dans le monde (annonce officielle),
- Les promotions à prix dégressif ne fonctionnent toutefois que sur Amazon.com et Amazon.co.uk. Sur Amazon.fr, seule la promotion « livre gratuit » (5 jours par période de 90 jours) est possible,
- Pas de librairies françaises : la « distribution étendue » de KDP passe uniquement par des distributeurs américains et britanniques (aide KDP),
- Les limites : depuis le 21 septembre 2026, 2 nouveaux titres par format et par semaine au maximum (annonce KDP), et vous devez déclarer tout contenu généré par l’IA.

Mon avis sur Amazon KDP.
KDP est incontournable pour vendre en ligne, surtout en ebook. Mais c’est aussi une dépendance totale à une seule entreprise, qui change ses règles quand elle veut : le papier en juin 2025, l’ebook en juillet 2026, le nombre de titres en septembre 2026. Ne mettez pas tous vos œufs dans le même panier.
Kobo, Google Play Livres, Apple Books : l’ebook hors Amazon.

Si vous ne voulez pas d’exclusivité avec Amazon, publiez votre ebook en direct sur les autres librairies. Elles paient d’ailleurs souvent mieux qu’Amazon sur les petits et les gros prix :
- Kobo Writing Life (Rakuten Kobo) verse 70 % du prix hors taxes dès 1,99 € (45 % en dessous), sans plafond de prix. Le paiement arrive ensuite 45 jours après la fin du mois, dès 50 dollars canadiens cumulés. Votre ebook peut aussi apparaître sur la Fnac, partenaire de Kobo, mais sans garantie et seulement avec un ISBN,
- Google Play Livres reverse 70 % du prix hors taxes en France, sans fourchette de prix, chaque 15 du mois,
- Apple Books annonce 70 % quel que soit le prix, et l’on peut désormais publier depuis un simple navigateur, sans Mac,
- Draft2Digital diffuse votre ebook sur toutes ces librairies en une fois, contre environ 10 % du prix. Mais depuis 2026, les nouveaux comptes paient 20 dollars d’activation, puis 12 dollars par an sous 100 dollars de gains.
Attention, une précision importante, car la version 2023 de cet article se trompait : Kobo Writing Life ne propose aucun livre papier. Uniquement des ebooks et des livres audio.
BoD : le moins cher pour être commandable en librairie.
Books on Demand (BoD) est un imprimeur allemand installé en France à Forbach, qui revendique 80 000 auteurs depuis 1998. Sa formule « Publication » coûte 39 €, une seule fois, avec l’ISBN et le dépôt légal à la BnF compris. Votre livre devient alors commandable par n’importe quelle librairie française via la Sodis, le distributeur du groupe Gallimard.

Côté rémunération, vous fixez votre prix et la calculette affiche votre marge : 3,07 € TTC par exemplaire vendu en librairie ou sur Amazon pour notre roman à 15 €, et 4,61 € sur la librairie BoD. Le versement se fait tous les trimestres, à partir de 25 €. En revanche, lisez bien le contrat : il accorde à BoD des droits exclusifs sur votre livre pendant sa durée (un an, reconduit automatiquement), et il faut le dénoncer trois mois avant l’échéance pour partir.
TheBookEdition : gratuit, et idéal pour vendre en direct.
TheBookEdition est une imprimerie installée près de Lille depuis 2007. La publication est gratuite et sans contrat d’édition : vous restez l’éditeur, sans exclusivité (CGV). Vous fixez alors une marge, qui s’ajoute au prix de fabrication (8,18 € pour notre roman), et vous la touchez à 100 % sur les ventes faites sur son site.
Pour être commandable en librairie et sur Amazon, il faut en revanche son service de diffusion à 7,99 € par mois, et une marge d’au moins 30 % du prix, puisque c’est la part du libraire. Deux limites à connaître : vous devez obtenir vous-même votre ISBN et faire le dépôt légal, et vos ebooks ne sont vendus que sur le site de TheBookEdition.
Bookelis : un vrai distributeur, mais à vos risques.
Bookelis, basée près de Nantes, propose une publication gratuite, sans contrat d’édition, avec un ISBN offert. Son atout, c’est sa diffusion par Hachette Livre : 108 € la première année, puis 69 € par an, pour être commandable dans environ 5 000 points de vente. Hachette est ici le distributeur : il livre les libraires, mais il ne publie pas votre livre.
Vous touchez alors 15 % du prix hors taxes, soit 2,13 € sur notre roman. Et vous choisissez entre la vente ferme (les libraires ne peuvent pas renvoyer les invendus, mais commandent moins) et le droit de retour : dans ce cas, les invendus sont détruits et leur coût vous est refacturé, d’après les conditions générales.
Librinova : l’accompagnement et l’agent littéraire, au prix fort.

Librinova est une société parisienne fondée en 2014, qui dit avoir publié 13 000 auteurs. Ce n’est pas une plateforme gratuite, mais un prestataire : ses packs vont de 75 € (ebook seul) à 2 989 € (accompagnement complet). Le plus vendu, à 399 €, rend votre livre commandable en librairie via Hachette, puis coûte 119 € par an pour y rester. Il n’y a ni contrat d’édition ni exclusivité.
Son vrai plus, c’est son programme d’agent littéraire. À partir de 1 000 exemplaires vendus, vous avez un entretien et des mises en avant. À partir de 2 000, un agent vous représente auprès des éditeurs, avec un mandat exclusif de deux ans et une commission de 20 % (CGS de juin 2026). Selon Librinova, un de ses auteurs sur 50 signe avec un éditeur, contre un sur 3 000 en envoi direct : c’est son chiffre, sans méthode publiée.
Son point faible, c’est la rémunération sur le papier : vous choisissez parmi quatre prix imposés, et vous touchez une somme fixe de 1 € à 2,50 € par exemplaire (FAQ Librinova). Sur l’ebook, c’est 70 % du prix hors taxes sur sa librairie, mais 40 à 50 % chez Amazon ou la Fnac. Enfin, le dépôt légal n’est pas inclus : c’est une option à 59 €.
En 2023, je la recommandais « les yeux fermés ». Je nuance aujourd’hui : c’est un bon choix si vous voulez être accompagné ou si vous visez un éditeur, mais c’est la solution la plus chère par exemplaire vendu. Donc si vous y allez, mon code parrain 4237J8 vous fait économiser 10 € sur un service au choix (hors « Trouver un éditeur »). Par transparence : j’obtiens aussi 10 € de réduction de mon côté (conditions du parrainage).
Lulu, IngramSpark, Publishroom, Coollibri : les autres options.
- Lulu (américain) : publication gratuite, et distribution via Amazon, Ingram et Hachette pour 4,99 € plus un exemplaire de contrôle à acheter. Mais son prix minimum en distribution rend les petits prix impossibles (règles de Lulu),
- IngramSpark : mise en ligne gratuite depuis 2023, distribution internationale, mais interface pensée pour les éditeurs et remise libraire à fixer vous-même,
- Publishroom : packs de 480 € à 990 € et plus, avec sélection des manuscrits, ISBN et dépôt légal compris,
- Coollibri : un imprimeur toulousain, parfait pour quelques dizaines d’exemplaires à vendre vous-même (environ 10 € l’exemplaire de 250 pages, hors port),
- Iggybook : à rayer de vos listes. Son site ne répond plus et sa société a été placée en liquidation judiciaire en avril 2025 (ActuaLitté). Une bonne raison de toujours garder vos fichiers sources.
Quelle que soit la plateforme choisie, il faudra sans doute financer une correction ou une couverture. Pour commencer à remplir la cagnotte :

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Comment publier son livre en auto-édition : les 8 étapes.
Écrire un livre ne suffit pas : en auto-édition, vous faites aussi le travail d’un éditeur. Voici les étapes dans l’ordre, avec ce qui compte vraiment à chacune.
1. Vérifier qu’il y a des lecteurs pour votre livre.
D’abord, avant même d’écrire la dernière page, regardez ce qui se vend déjà sur votre sujet. Cherchez par exemple 5 à 10 livres comparables sur Amazon ou chez votre libraire, notez leurs points forts, leurs défauts, leurs prix et ce que les lecteurs leur reprochent dans les avis. Puis demandez-vous ce que le vôtre apporte de plus.

Un auteur autoédité doit en effet réfléchir comme un entrepreneur : à quel besoin répond mon livre, pour qui, à quel prix et comment le faire connaître ? C’est exactement l’erreur que j’avais faite avec mon premier livre : un sujet passionnant pour moi, mais déjà très encombré.
2. Faire relire et corriger.
Ne négligez jamais cette étape. Les lecteurs pardonnent difficilement les fautes, et un seul avis du type « livre bourré de coquilles » peut suffire à couper vos ventes. Commencez donc par des bêta-lecteurs qui ressemblent à vos futurs lecteurs : ils repèrent les longueurs, les incohérences et les passages confus. Ensuite, faites passer un correcteur professionnel, ou au minimum plusieurs relectures attentives, à quelques semaines d’intervalle.
Et si vous utilisez une IA pour vous aider ? C’est légal, mais avec deux limites. D’abord, Amazon vous demande de déclarer tout texte ou toute image « généré » par une IA, même retouché ensuite, alors qu’un texte simplement corrigé par une IA n’a pas à l’être (règles KDP). Ensuite, d’après un rapport publié par le ministère de la Culture en juillet 2026, une production générée sans intervention humaine significative n’est pas protégée par le droit d’auteur : n’importe qui pourrait la copier.
3. Mettre en page.

Pour le papier, choisissez un format courant : 14,8 x 21 cm (A5) ou les formats proposés par la plateforme. Prenez ensuite une police lisible en corps 11 à 13, pas plus de deux polices différentes, des marges adaptées et des débuts de chapitre propres. Word suffit pour un roman, et Amazon propose aussi un outil gratuit, Kindle Create.
Pour l’ebook, partez d’un fichier Word ou EPUB bien structuré (titres, sauts de page). Sur Amazon, le format MOBI n’est plus accepté pour les ebooks à mise en page fixe depuis mars 2025 : vous verrez encore des guides qui le conseillent, ils sont dépassés.
4. Soigner la couverture, le titre et le résumé.
La couverture et le titre sont les deux seuls éléments que le lecteur voit en un coup d’œil, surtout sur un téléphone, où votre couverture fera la taille d’un timbre. Un bon titre est court, clair et dit ce que le livre promet. Le résumé (la quatrième de couverture) présente l’enjeu, les personnages ou les bénéfices du livre, et se termine par une question ou une phrase qui donne envie d’en savoir plus. Inspirez-vous donc des meilleures ventes de votre genre : les codes visuels du polar ne sont pas ceux de la romance.
5. Choisir votre ISBN.
L’ISBN est le numéro d’identification de votre livre, celui du code-barres. Vous avez deux options. L’ISBN gratuit de la plateforme (KDP, BoD, Bookelis, Librinova) est pratique, mais il vous lie à elle : celui de KDP, par exemple, ne peut servir que sur Amazon. Votre propre ISBN, demandé à l’AFNIL, sert en revanche partout et fait de vous l’éditeur officiel. Je détaille juste après ce que ça coûte.
6. Fixer le bon prix.
Regardez les prix des livres comparables, puis faites le calcul de votre gain avec les grilles vues plus haut. Trois repères pour Amazon. Le broché doit atteindre 9,99 € hors taxes (10,54 € TTC) pour passer à 60 %. L’ebook doit coûter entre 2,69 € et 12,99 € pour toucher 70 %. Enfin, il doit être au moins 20 % moins cher que la version papier (conditions KDP). Et souvenez-vous qu’en France, le prix est unique : vous ne pourrez pas le brader sur votre site ou en salon (j’y reviens plus bas).
7. Publier sur Amazon KDP, pas à pas.

C’est la question qu’on me pose le plus, alors voici la marche à suivre :
- créez votre compte sur kdp.amazon.com avec un compte Amazon, puis remplissez vos informations bancaires et le questionnaire fiscal (indiquez votre numéro fiscal français),
- cliquez sur « Créer », puis choisissez ebook Kindle, livre broché ou livre relié (vous ajouterez les autres formats ensuite),
- renseignez la langue, le titre, le nom d’auteur, la description, vos droits de publication, jusqu’à sept mots-clés et les catégories,
- déclarez si votre livre contient du contenu généré par une IA,
- importez votre manuscrit et votre couverture (ou utilisez le créateur de couverture), puis vérifiez le rendu dans l’aperçu,
- pour le papier, commandez une épreuve (5 au maximum, marquées « Non destiné à la vente ») avant de publier : c’est le seul moyen de voir les défauts d’impression,
- fixez votre prix et votre taux de redevance, puis cliquez sur « Publier ».
Comptez ensuite jusqu’à 72 heures pour un ebook, et jusqu’à 5 jours pour un livre papier sur Amazon.fr (délais officiels). La version 2023 de cet article parlait de 72 heures dans tous les cas : c’est un peu optimiste pour le papier.
8. Faire le dépôt légal et préparer le lancement.
Dès que votre livre papier est prêt, envoyez un exemplaire à la BnF, au plus tard le jour de sa mise en vente (voir ci-dessous). Et préparez la sortie avant de cliquer sur « Publier » : prévenez votre entourage et votre liste d’e-mails, contactez les librairies de votre ville et votre presse locale, et demandez à vos bêta-lecteurs de laisser un avis honnête dès la sortie.
ISBN, dépôt légal, prix unique : les obligations légales en auto-édition.
En auto-édition, c’est vous l’éditeur, et la loi vous traite comme tel. Bonne nouvelle : les démarches sont simples et presque gratuites. Mais attention : l’Aperçu IA de Google se trompe sur plusieurs d’entre elles. Voici ce que disent vraiment les textes, en France.

L’ISBN n’est pas obligatoire (mais presque indispensable).
Contrairement à ce qu’affirme Google, un ISBN n’est pas obligatoire pour un auteur autoédité : la BnF écrit noir sur blanc « Non obligatoire ». En pratique, il devient pourtant indispensable dès que vous voulez vendre en librairie ou sur la plupart des plateformes. Il faut aussi un ISBN par format : un pour le broché, un autre pour le relié, un autre pour l’ebook EPUB (l’ebook Kindle, lui, peut s’en passer).

Côté prix, l’AFNIL facture 37 € HT (44,40 € TTC) pour une première demande, en trois semaines environ, et non « environ 28 € » comme l’écrit l’IA de Google : ces 28 € concernent une liste complémentaire. Pourquoi payer, alors que KDP offre l’ISBN ? Parce que, selon l’AFNIL, avec l’ISBN d’une plateforme, c’est elle qui est considérée comme l’éditeur, et il vous faudra un nouveau numéro pour publier ailleurs. Sur Amazon, ces livres affichent d’ailleurs « Publication indépendante » comme éditeur, avec un numéro qui commence par 979-8 (j’explique dans mon article sur les livres pour devenir riche pourquoi c’est un indice à surveiller quand on achète un livre).
Le dépôt légal : un exemplaire, gratuit, au plus tard le jour de la sortie.
Le dépôt légal, lui, est obligatoire, impression à la demande comprise (BnF). Vous envoyez un seul exemplaire de votre livre imprimé à la BnF, « au plus tard le jour de la mise en circulation » selon le Code du patrimoine. L’Aperçu IA de Google, qui parle d’un envoi « après la parution », se trompe donc.
- vous faites la déclaration en ligne sur l’Extranet du dépôt légal de la BnF, puis vous envoyez le livre,
- l’envoi est gratuit : à la place du timbre, écrivez « Franchise Postale, Dépôt légal, Code du Patrimoine Article L132-1 »,
- l’exemplaire doit être identique à ceux vendus, sans dédicace,
- une réimpression identique ne demande pas de nouveau dépôt, contrairement à une nouvelle édition,
- pour un livre jeunesse, un dépôt supplémentaire est prévu auprès du ministère de la Justice,
- pour un ebook seul, il n’existe pas encore de procédure de dépôt à l’unité : la BnF les collecte autrement.
Qui s’en charge ? BoD (avec son ISBN) et Publishroom le font pour vous, Librinova le propose en option à 59 €, et chez TheBookEdition, c’est vous. Pour KDP, en revanche, je n’ai trouvé aucune page indiquant qu’Amazon s’en occupe : commandez un exemplaire d’auteur et envoyez-le vous-même. Le dépôt légal ne protège pas votre texte, mais il peut servir de preuve de date. Notez enfin qu’une amende de 75 000 € est prévue en cas de soustraction volontaire (article L133-1), même si l’on parle d’abus délibérés, pas d’un oubli de bonne foi.
Le prix unique : pas de promo sauvage, même en salon.
La loi Lang de 1981 oblige l’éditeur, donc vous, à fixer un prix de vente au public, imprimé sur le livre et le même partout. Les libraires peuvent faire jusqu’à 5 % de remise en magasin, mais pas sur un livre expédié. Et surtout, d’après le guide du ministère de la Culture, un éditeur qui vend lui-même ses livres (sur son site ou en salon) ne peut pratiquer aucun prix inférieur à celui qu’il a fixé.
Concrètement, il n’y aura donc pas de « 2 livres pour 20 € » sur votre stand si votre livre est à 12 €. Si vous expédiez vous-même, vous devez aussi facturer au moins 3 € de frais de port pour toute commande de moins de 35 € (arrêté du 4 avril 2023). Pour l’ebook, la loi de 2011 impose aussi un prix fixé par l’éditeur, sans remise prévue. Amazon applique d’ailleurs cette règle : vous devez fixer le même prix pour tous les détaillants. Vous pouvez en revanche changer votre prix quand vous voulez, pour tout le monde.
Les mentions obligatoires de la page de copyright.
Sur chaque exemplaire imprimé, l’arrêté du 12 janvier 1995 prévoit également plusieurs mentions, que la BnF adapte pour les autoédités. Il vous faut :
- le nom de l’éditeur (votre nom, un pseudonyme ou une marque) et sa commune, sans votre adresse complète,
- l’imprimeur, ou « Imprimé en [pays] » si l’impression se fait à l’étranger,
- la mention « Impression à la demande », qui remplace la date de fin de tirage,
- l’ISBN, si vous en avez un,
- « Dépôt légal : [mois année] »,
- le prix.
Un exemple de page de copyright : « © Marie Dupont, 2026. Éditeur : Marie Dupont, Nantes. ISBN 978-2-XXXX-XXXX-X. Imprimé par [nom de l’imprimeur ou de la plateforme]. Impression à la demande. Dépôt légal : novembre 2026. Prix : 15 € ».
Et pour protéger votre manuscrit avant de l’envoyer à des bêta-lecteurs ou à des concours ? Votre texte est protégé dès sa création, mais une preuve de date peut servir en cas de litige : l’e-Soleau de l’INPI coûte 15 € pour 5 ans, et le dépôt numérique de la SGDL 48 € pour 4 ans.
Impôts, Urssaf, TVA : comment déclarer vos revenus d’auto-édition.
C’est la partie que presque tous les guides survolent, alors que c’est elle qui détermine ce qu’il vous restera vraiment. Je ne suis ni fiscaliste ni juriste : voici ce que disent les textes officiels en France au 11 octobre 2026. Pour votre cas précis, vérifiez donc auprès de l’Urssaf ou de votre centre des impôts.
Vous êtes artiste-auteur, même sur Amazon.
Depuis 2021, la vente d’exemplaires de son œuvre par l’auteur qui la publie lui-même fait partie des revenus d’artiste-auteur (article R382-1-1 du Code de la sécurité sociale). L’Urssaf a même une catégorie « Auto-édition, auto-diffusion », qui cite Amazon en exemple, quel que soit le nombre d’exemplaires (Urssaf).
- Première étape : déclarer votre activité sur le guichet unique de l’INPI pour obtenir un numéro SIRET (Urssaf, « Débuter votre activité »),
- Chaque année, vous déclarez vos revenus d’auteur sur le site de l’Urssaf artistes-auteurs, dès le premier euro. Sans déclaration, l’Urssaf calcule vos cotisations d’office,
- Les cotisations représentent 16,2 % de votre bénéfice majoré de 15 % (taux 2026). En micro-BNC, cela fait environ 12,3 % de vos recettes : sur 1 000 € de redevances, comptez à peu près 123 €,
- La retraite complémentaire (8 %, ou 4 % sur option) ne devient obligatoire qu’au-delà de 10 692 € de revenus artistiques l’année précédente.
Aux impôts : des bénéfices non commerciaux.
Vos redevances Amazon ne sont pas des « droits d’auteur » versés par un éditeur français : elles se déclarent en bénéfices non commerciaux (BNC), sur le formulaire 2042-C-PRO (impots.gouv.fr). En micro-BNC, l’administration retire alors un abattement forfaitaire de 34 %, et le régime s’applique jusqu’à 83 600 € de recettes pour les revenus de 2026. La doctrine fiscale le confirme : l’auteur qui assure l’édition et la vente de ses œuvres est imposé en BNC pour l’ensemble de ses profits (BOFiP).
Et quand vous vendez vos livres vous-même, en salon ou sur votre site ? Une réponse ministérielle publiée le 29 septembre 2026 vient de trancher : ce sont toujours des BNC, avec l’abattement de 34 % (et pas les 71 % du micro-BIC), tant que vous ne publiez que vos propres livres et que vous en assumez les risques. Si vous publiez d’autres auteurs ou vendez aussi des goodies, en revanche, vous basculez dans une activité commerciale, et la micro-entreprise devient le cadre adapté.
La TVA, et les cas particuliers.
- TVA : le livre papier comme l’ebook est à 5,5 % (BOFiP). Sur Amazon, c’est Amazon qui facture la TVA au lecteur. Pour vos ventes directes, vous ne facturez pas de TVA tant que vos ventes d’œuvres restent sous 50 000 € par an (service-public.fr),
- Retenue américaine : le questionnaire fiscal de KDP, rempli avec votre numéro fiscal français, ramène la retenue des États-Unis à 0 % (aide KDP),
- Salarié : vous pouvez vous autoéditer à côté de votre emploi, car vos revenus d’auteur suivent leurs propres règles,
- Demandeur d’emploi : informez France Travail de votre activité. Les droits d’auteur sont en principe cumulables avec l’allocation chômage, mais signalez bien vos ventes à votre conseiller (France Travail),
- RSA : vos revenus d’auteur doivent figurer dans votre déclaration trimestrielle de ressources.
Vendre son livre en auto-édition : ce qui marche vraiment pour trouver des lecteurs.
N’allez pas croire qu’il suffit de publier votre livre sur Amazon pour que les ventes arrivent. L’erreur la plus courante, c’est d’écrire, de publier, puis d’attendre. Résultat : le livre ne se vend pas, parce que personne ne sait qu’il existe. C’est exactement ce qui m’est arrivé avec mon premier livre. La promotion commence donc bien avant la sortie.

Construire une audience avant la sortie.
Le meilleur atout d’un auteur autoédité, ce sont les lecteurs qu’il a déjà. Un blog sur le thème de votre livre attire des visiteurs grâce à Google, et chaque article peut renvoyer vers votre livre : je détaille comment dans mon guide pour gagner de l’argent avec un blog. Côté réseaux sociaux, TikTok (et sa communauté BookTok), Instagram et YouTube permettent de partager les coulisses de l’écriture, des extraits ou vos lectures. Mais n’en attendez pas des revenus directs : les seuils de rémunération de TikTok et de YouTube sont élevés. Servez-vous-en plutôt pour faire connaître votre livre.
La liste d’e-mails : votre meilleur canal de vente.

Créez une liste d’e-mails le plus tôt possible, en offrant un chapitre gratuit ou un bonus. Écrivez régulièrement (une fois par mois suffit), avec surtout du contenu utile et un peu de promotion. Le jour de la sortie, ce sont ces abonnés qui achèteront en premier, et leurs achats et leurs avis donneront de la visibilité à votre livre sur Amazon.
Les avis des lecteurs : à demander, jamais à acheter.

Ajoutez une page à la fin de votre livre pour demander un avis, avec un lien ou un QR code. Demandez aussi à vos bêta-lecteurs de laisser un avis honnête à la sortie. En revanche, n’achetez jamais d’avis : c’est interdit par Amazon, et c’est l’une des arnaques favorites des faux services de « marketing » (Writer Beware).
Salons, librairies, presse locale : le terrain.
C’est sur le terrain que la marge est la meilleure : environ 11 € par livre vendu en main propre, contre 4,78 € sur Amazon dans notre exemple. Pensez aux salons du livre de votre région, aux marchés de Noël, aux bibliothèques et aux médiathèques qui organisent des rencontres. Proposez aussi votre livre en dépôt-vente aux librairies indépendantes de votre ville : le libraire garde une commission (TheBookEdition compte 30 % du prix), et il le mettra en avant s’il l’a aimé. Enfin, la presse locale adore les auteurs du coin : un communiqué simple, avec une photo et l’histoire du livre, suffit souvent.
La publicité payante, avec prudence.
Amazon Ads, Facebook ou Instagram peuvent booster un livre qui se vend déjà, rarement en lancer un. Faites toujours le calcul avec votre gain par exemplaire : à 3,14 € par ebook, une publicité qui coûte, par exemple, 1 € par clic doit transformer au moins un clic sur trois pour être rentable. L’auteur cité plus haut a vendu 215 livres en un mois, mais juge ses publicités Amazon déficitaires une fois sa marge calculée (Reddit).
Mon conseil : le vrai levier, sur la durée, c’est le catalogue. Un lecteur qui a aimé votre premier livre achète souvent le deuxième, surtout dans une série. C’est d’ailleurs ce que décrivent la plupart des auteurs qui disent vivre de KDP : plusieurs livres, dans un même genre, publiés régulièrement.
Les pièges de l’auto-édition (et comment les éviter).
Certains pièges coûtent de l’argent tout de suite, d’autres vous enferment des années plus tard. Voici ceux que je vois le plus souvent.
Les pièges qui vous font payer.
- Payer pour être publié. Une maison qui vous demande de l’argent tout en prenant vos droits n’est ni une plateforme d’auto-édition, ni un éditeur classique. Relisez les 5 questions plus haut avant de signer, et faites relire le contrat (conseil de la SGDL),
- Les faux éditeurs et les offres de « marketing ». Un e-mail flatteur qui vous a « découvert sur Amazon » et vous propose un contrat, une adaptation ou une campagne payante est presque toujours une arnaque. Writer Beware décrit des forfaits de 185 à 455 dollars, puis des demandes d’accès à votre compte KDP. Aux États-Unis, une société a même été poursuivie pour avoir escroqué plus de 800 auteurs (Amazon). Règle d’or : ne donnez jamais l’accès à votre compte.
Les pièges qui vous enferment.
- L’exclusivité oubliée. L’Abonnement Kindle interdit de vendre votre ebook ailleurs pendant 90 jours, y compris sur votre site. Le contrat BoD vous lie un an, renouvelé automatiquement. Chez Librinova, le mandat d’agent devient exclusif au-delà de 2 000 ventes (vous pouvez le refuser),
- Dépendre d’une seule plateforme. Un compte Amazon peut être fermé, et une plateforme peut disparaître, comme Iggybook en 2025 (ActuaLitté). Gardez vos fichiers sources (texte, maquette, couverture), et pensez à vos propres ISBN si vous publiez sur plusieurs plateformes (AFNIL).
L’IA et les « revenus passifs » : méfiance.
- Le livre écrit par l’IA. Amazon limite désormais le nombre de nouveaux titres (2 par format et par semaine) et exige de déclarer les contenus générés. De faux livres sont même publiés sous le nom de vrais auteurs, comme Julien Blanc-Gras en 2026 (ActuaLitté). Un texte généré sans réel apport humain n’est pas protégé, et les lecteurs le repèrent vite,
- Les promesses de « revenus passifs ». YouTube regorge de formations qui vendent KDP comme une machine à cash. Les chiffres officiels vus plus haut disent l’inverse : la plupart des livres se vendent à quelques dizaines d’exemplaires. Méfiez-vous de quiconque vous promet un revenu sans parler du travail, ni de ses propres chiffres vérifiables.
Vous l’avez compris : en auto-édition, c’est souvent l’auteur qui paie, et rarement l’inverse. Alors pour une fois, voici l’inverse :

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Auto-édition hors de France : Belgique, Suisse, Québec, Afrique.
Les plateformes sont les mêmes, mais les démarches changent selon votre pays de résidence :
- Belgique : le dépôt légal à la KBR est obligatoire, y compris pour les auteurs-éditeurs : 2 exemplaires dans les 15 jours ouvrables après la parution, avec la mention « D/2026/Prénom Nom, éditeur » (KBR). Pour un auteur francophone, l’ISBN se demande à l’AFNIL, donc il est payant (KBR),
- Suisse : il n’existe pas de dépôt légal fédéral, mais une convention avec les éditeurs, et la Bibliothèque nationale collecte aussi les livres à compte d’auteur (BN). L’ISBN coûte 120 francs suisses, ou 315 francs les dix (agence ISBN suisse),
- Québec : l’ISBN est gratuit auprès de BAnQ, et le dépôt légal se fait en 2 exemplaires dans les 7 jours suivant la parution (guide de l’autoédition de BAnQ),
- Afrique francophone : l’AFNIL attribue les ISBN dans les pays qui n’ont pas leur propre agence (AFNIL). Sur Amazon, les ventes aux lecteurs de ces pays ne donnent droit qu’au taux de 35 %, et le paiement se fait par virement international au Maroc et en Tunisie, ou par chèque en dollars ailleurs (aide KDP). Sans convention fiscale avec les États-Unis (Sénégal, Côte d’Ivoire, Cameroun…), la retenue américaine reste de 30 % sur certaines ventes (10 % au Maroc, 15 % en Tunisie). Librinova, de son côté, peut verser vos droits par Orange Money, frais à votre charge (CGS).
Si vous vivez en Afrique et cherchez d’abord des moyens de gagner de l’argent en ligne depuis chez vous, j’ai un guide dédié : gagner de l’argent en Afrique.
Mon avis : l’auto-édition, ça vaut le coup ?
Oui, si vous savez pourquoi vous le faites. L’auto-édition est formidable pour publier un livre que les éditeurs ne prendraient pas, garder la main sur votre texte, tester un sujet ou laisser un livre à vos proches. Et sur Amazon, chaque exemplaire vous rapporte jusqu’à 4 fois plus qu’un contrat classique.
Mais si vous en attendez un revenu, soyez lucide. La plupart des livres autoédités se vendent à quelques dizaines d’exemplaires, et chaque euro dépensé en packs ou en publicité doit être remboursé par des ventes. Mes propres ventes le montrent : 339 exemplaires pour cinq livres en trois ans et demi, de quoi se faire plaisir, pas de quoi en vivre.
Si je devais recommencer aujourd’hui, voici ce que je ferais :
- choisir un sujet ou un genre où il y a des lecteurs, avant même d’écrire,
- payer une correction professionnelle, et me contenter d’une couverture sur modèle,
- publier sur Amazon KDP en ebook et en broché, sans payer de pack,
- garder mes fichiers sources, et prendre mes propres ISBN si je vise aussi la librairie,
- faire le dépôt légal et déclarer mes revenus dès la première vente,
- consacrer autant de temps à faire connaître le livre qu’à l’écrire, et préparer le suivant.
Et si votre objectif est d’abord de transformer votre passion en revenu, gardez l’écriture comme une corde à votre arc, pas comme la seule. D’ailleurs, d’autres pistes pour gagner de l’argent en écrivant existent, comme la rédaction web, que je passe en revue dans mon guide pour gagner de l’argent sur Internet.
Ce que j’ai corrigé par rapport à la première version de cet article.
La version de 2023 contenait des erreurs, que je préfère reconnaître :
- Kobo Writing Life ne fait pas de livres papier, contrairement à ce que j’écrivais. Seulement des ebooks et des livres audio (aide officielle de Kobo),
- Les « 70 % » d’Amazon ne portent pas sur le prix de vente : c’est 70 % du prix hors taxes moins des frais de fichier, et seulement pour un ebook dans une fourchette de prix. Pour le papier, c’est 60 % (ou 50 %) moins l’impression,
- L’agent littéraire de Librinova intervient vraiment à partir de 2 000 exemplaires vendus, et non 1 000 (CGS de juin 2026). Le dépôt légal est une option payante, et les maisons partenaires consultent les manuscrits, sans s’engager à publier,
- J. K. Rowling et Stephen King ne sont pas milliardaires : Rowling est sortie du classement Forbes des milliardaires en 2012, et aucune source sérieuse ne classe Stephen King parmi eux,
- Les « 3 % d’auteurs édités », les « 95 % d’auteurs qui font la même erreur » et les « 36 000 à 85 000 € par an » n’avaient pas de source. Je les ai remplacés par les chiffres officiels du ministère de la Culture et de la BnF,
- « Pas de contrat à signer » en auto-édition, c’est inexact : vous acceptez les conditions de la plateforme, qui sont un contrat. Vous évitez seulement le contrat d’édition,
- L’avance (à-valoir) n’est pas « très peu répandue » : selon le baromètre Scam-SGDL 2025, trois auteurs sur quatre en perçoivent une,
- Les démarches obligatoires (dépôt légal, prix unique, Urssaf, impôts) étaient absentes : elles ont maintenant leur propre partie.

FAQ : auto-édition.
C’est quoi l’auto-édition ?
L’auto-édition (ou autoédition) consiste à publier son livre soi-même, sans maison d’édition. L’auteur devient son propre éditeur : il garde ses droits, choisit la couverture et fixe le prix, mais il paie ou réalise lui-même la correction, la mise en page, l’impression et la promotion. Il passe en général par une plateforme comme Amazon KDP, BoD ou TheBookEdition, qui imprime à la demande et vend le livre.
Quel est le meilleur site d’auto-édition ?
Aucun site n’est le meilleur pour tout le monde. Amazon KDP est gratuit et donne accès au plus grand nombre de lecteurs, surtout en ebook. BoD (39 €) et Bookelis rendent le livre commandable en librairie. TheBookEdition convient aux petits tirages et à la vente directe. Kobo, Google Play Livres et Apple Books permettent de vendre un ebook sans exclusivité avec Amazon. Librinova est utile si vous voulez être accompagné ou viser un éditeur.
Combien coûte l’auto-édition d’un livre ?
De 0 € si vous faites tout vous-même sur Amazon KDP, à environ 3 000 € pour le pack le plus complet d’un prestataire. Pour un roman d’environ 250 pages, une correction professionnelle coûte autour de 600 à 700 € et une couverture de 150 à 400 €. L’ISBN est gratuit sur les plateformes, ou coûte 44,40 € TTC à l’AFNIL. Le dépôt légal à la BnF est gratuit.
Combien rapporte un livre en auto-édition ?
Sur un roman de 250 pages vendu 15 €, l’auteur touche environ 4,78 € par exemplaire vendu sur Amazon, 2 à 3 € en librairie via BoD, Bookelis ou TheBookEdition, et environ 11 € en vente directe. Un ebook à 4,99 € rapporte 3,14 € sur Amazon et 3,31 € chez Kobo ou Google. Mais selon une étude du ministère de la Culture, un auteur resté autoédité vend en moyenne 10 exemplaires imprimés par livre.
Combien un auteur gagne-t-il sur un livre vendu 20 € ?
Dans une maison d’édition, environ 1,52 € (8 % du prix hors taxes, le taux médian) et jusqu’à 1,90 € à 10 %. En auto-édition sur Amazon KDP, un broché de 250 pages vendu 20 € rapporte 7,63 € par exemplaire (60 % du prix hors taxes moins 3,75 € d’impression).
Est-il possible de publier un livre sans éditeur ?
Oui, c’est justement l’auto-édition. Vous pouvez publier gratuitement un ebook et un livre papier imprimé à la demande sur Amazon KDP, TheBookEdition ou Bookelis, ou payer un forfait (BoD, 39 €) ou un pack de services (Librinova, Publishroom). Vous devenez alors l’éditeur, avec ses obligations : prix unique, dépôt légal et déclaration de vos revenus.
L’ISBN est-il obligatoire en auto-édition ?
Non. La BnF indique que l’ISBN n’est pas obligatoire pour un auteur autoédité. Il est en revanche indispensable pour être commandé en librairie et sur la plupart des plateformes. Amazon KDP, BoD, Bookelis et Librinova le fournissent gratuitement, mais celui de KDP ne sert que sur Amazon. À l’AFNIL, une première demande coûte 37 € HT, soit 44,40 € TTC, en trois semaines environ.
Faut-il faire le dépôt légal en auto-édition ?
Oui, pour un livre imprimé, même en impression à la demande. Il faut envoyer un exemplaire à la BnF au plus tard le jour de la mise en vente, après une déclaration en ligne. L’envoi est gratuit grâce à la franchise postale. Pour un ebook seul, la BnF n’a pas encore de procédure de dépôt à l’unité.
Comment publier un livre gratuitement sur Amazon ?
Créez un compte sur Kindle Direct Publishing (KDP), remplissez vos informations bancaires et fiscales, puis cliquez sur « Créer » et choisissez ebook, broché ou relié. Renseignez le titre, la description, les mots-clés et les catégories, importez votre manuscrit et votre couverture, fixez votre prix et publiez. La publication est gratuite : Amazon se rémunère sur chaque vente. Comptez 72 heures pour un ebook et jusqu’à 5 jours pour un livre papier.
Comment Amazon paie-t-il les auteurs ?
Amazon KDP verse les redevances environ 60 jours après la fin du mois de la vente, par virement, sans montant minimum pour un compte en France, en Belgique ou en Suisse. PayPal n’est pas proposé. Pour un ebook, l’auteur touche 70 % du prix hors taxes moins 0,12 € par Mo entre 2,69 € et 12,99 €, sinon 35 %. Pour un livre papier, 60 % du prix hors taxes moins l’impression (50 % sous 9,99 € HT).
Est-ce légal d’écrire et de vendre un livre avec ChatGPT ?
Oui, mais avec des limites. Amazon impose de déclarer tout texte ou toute image générés par une IA. Et selon un rapport publié par le ministère de la Culture en juillet 2026, une production générée sans intervention humaine significative n’est pas protégée par le droit d’auteur. Un texte que vous écrivez vous-même et que l’IA aide seulement à corriger reste votre œuvre.
Comment reconnaître un éditeur à compte d’auteur ?
Un éditeur à compte d’éditeur ne demande jamais d’argent à l’auteur. Si une maison vous demande une participation financière, l’achat d’exemplaires ou des préventes, tout en vous faisant céder vos droits, il s’agit de compte d’auteur ou d’édition dite « participative ». Ce n’est ni de l’auto-édition ni un contrat d’édition classique. La SGDL conseille de faire relire ce type de contrat avant de signer.
Faut-il déclarer les revenus de l’auto-édition ?
Oui, dès le premier euro. En France, les ventes d’un livre autoédité, Amazon compris, sont des revenus d’artiste-auteur : il faut un numéro SIRET, une déclaration annuelle à l’Urssaf artistes-auteurs (environ 12,3 % des recettes en micro-BNC) et une déclaration aux impôts en bénéfices non commerciaux, sur le formulaire 2042-C-PRO, avec un abattement de 34 % en micro-BNC.
Combien de livres faut-il vendre pour vivre de sa plume ?
Pour toucher 1 500 € par mois de redevances, avant cotisations et impôts, il faudrait vendre environ 314 brochés par mois sur Amazon (à 4,78 € l’exemplaire), ou 478 ebooks à 4,99 €. Dans une maison d’édition, à 1,14 € par livre de 15 €, il en faudrait plus de 15 000 par an. Très peu d’auteurs y parviennent : seuls 8 % des auteurs du livre touchaient plus d’un Smic de droits en 2013, selon le ministère de la Culture.
Faut-il écrire autoédition ou auto-édition ?
Les deux se disent. Le dictionnaire Larousse écrit « autoédition » en un seul mot. La forme « auto-édition », avec un trait d’union, reste très courante : c’est celle de l’article Wikipédia, et c’est souvent celle que l’on tape dans Google, sous la forme « auto édition ».
Comment j’ai vérifié les informations de cet article.
Tout a été relevé le 11 octobre 2026. Voici mes sources :
- les pages d’aide officielles d’Amazon KDP (redevances, coût d’impression, ISBN, KDP Select, paiements, fiscalité, règles sur l’IA) et ses annonces de 2025 et 2026, les centres d’aide de Kobo Writing Life, Google Play Livres, Apple Books et Draft2Digital,
- les grilles tarifaires, simulateurs publics, conditions générales et FAQ de BoD, TheBookEdition, Bookelis, Librinova, Lulu, IngramSpark, Publishroom, Coollibri et Edilivre, sans créer de compte,
- les textes officiels : Code de la propriété intellectuelle, Code du patrimoine, loi du 10 août 1981 et loi du 26 mai 2011 sur le prix du livre, Code de la sécurité sociale, BOFiP, ainsi que les pages de la BnF, de l’AFNIL, de l’Urssaf, d’impots.gouv.fr, de service-public.fr, de France Travail, de la SGDL et du ministère de la Culture,
- les études : étude du ministère de la Culture sur l’autoédition (2024, tableau d’origine relu), Observatoire du dépôt légal de la BnF (données 2022 et 2024), baromètre Scam-SGDL 2025, communiqués d’Amazon,
- la presse : Radio France, Le Monde, Que Choisir, Slate, franceinfo, Le Temps, ActuaLitté, et des témoignages d’auteurs sur Reddit, présentés comme tels,
- mes propres ventes de 2020 à 2023, publiées dans la première version de cet article, avec la capture de mon tableau de bord KDP.
Les calculs (ce que touche l’auteur, seuils de rentabilité) sont les miens, à partir des formules officielles. Les plateformes changent souvent leurs conditions : vérifiez toujours leur page officielle avant de vous lancer. Et si vous avez auto-édité un livre, dites-moi en commentaire combien vous en avez vendu, et où !




